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samedi 23 juin 2007

Didier Eribon sur rue89

Eribon: "La dérive droitière du PS a même atteint la gauche radicale"
Avec qui les socialistes peuvent-ils reconstruire une vraie gauche?

Il faudrait peut-être poser la question différemment, car il ne va pas de soi que le Parti socialiste soit le lieu le plus évident aujourd’hui pour qu’une pensée de gauche renaisse, dans la mesure où la logique de droitisation va continuer d’exercer ses effets. Au PS, quand on parle aujourd’hui de “moderniser”, cela veut toujours dire droitiser et pousser encore plus loin la droitisation d’hier.

On pourrait donc au contraire se demander: est-ce qu’une pensée et une politique de gauche peuvent se reconstruire aujourd’hui malgré ce qu’est devenu le Parti socialiste? L’innovation viendra assurément d’ailleurs, et dans une large mesure se fera contre le Parti socialiste. En tout cas, il n’y aura pas UNE pensée de gauche, mais DES pensées de gauche. Et une tension inévitable surgira entre toutes ces tentatives contradictoires.

On peut espérer que cette tension sera féconde et productive. C’est pourquoi je crois que la tâche des intellectuels de gauche est aujourd’hui considérable. Il incombera alors au Parti socialiste de savoir s’il veut travailler avec ceux-ci, et avec tous les mouvements qui font bouger la société et la pensée (et qui sont à mes yeux les lieux où se crée la gauche nouvelle). Ou s’il veut persévérer dans son être actuel: celui d’un parti de dignitaires qui s’entredéchirent pour les places et les postes. Si c’est le cas, la droite a de beaux jours devant elle."

Didier Eribon : D'une révolution conservatrice...

D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française.
Didier Eribon
Editions Léo Scheer


4ème de couverture :

Lorsque la gauche arriva au pouvoir, en mai 1981, nombre de ceux qui avaient participé à la contestation des années 1960 et 1970 considèrèrent que cette victoire était un peu la leur : ils pensèrent que les socialistes allaient inventer un nouvel art de gouverner permettant de réconcilier la critique radicale et la réforme effective. Il leur fallut déchanter : les socialistes furent changés par l'exercice du pouvoir et se mirent à dénoncer les mouvements sociaux et les intellectuels qui les soutenaient. Dans le même temps, s'opérait un glissement vers la droite de toute la vie intellectuelle française produit dans une large mesure par le travail de cénacles idéologiques. C'est le divorce qui s'installa alors entre une gauche officielle gagnée au néo-conservatisme et une gauche critique renvoyée à la radicalité pure qui explique la défaite du candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2002.

C'est de cette séquence - et de ses conséquences actuelles - que Didier Eribon entreprend ici l'analyse historique, théorique et politique.



Didier Eribon est philosophe. Il est l'auteur d'une célèbre biographie de Michel Foucault (1989) et de nombreux ouvrages qui ont fait date, parmi lesquels Réflexions sur la question gay (1999), Une morale du minoritaire (2001), Echapper à la psychanalyse (2005).

samedi 24 mars 2007

Sarkozy vs Onfray

Nicolas Sarkozy et Michel Onfray - CONFIDENCES ENTRE ENNEMIS

sur philomag

"N. S. : Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense."

Le dialogue intégral, sur 8 pages, est publié dans Philosophie magazine n°8.